INTERVIEW PARFUMEE | LES MOTS BIEN SENTIS D'ISABELLE Fev 21

Véritable escapade olfactive partagée en expériences narratives.
Isabelle vous fait entendre ou lire ce qui habituellement se sent.
On est immédiatement plongé dans le monde onirique et magique de la parfumerie.
Un grand MERCI pour cette mise à l'Honneur.

Voici l'article "d'Eloquence des Sens & Messages Olfactifs" extrait de la Newsletter Hiver 2020-2021 "le parfum se raconte by Isabelle" d'un mot à l'autre.

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Aurélie Chambeyron d’Éloquence des Sens, nous parle de belles senteurs, de bien-être, d’ateliers olfactifs, d’aromathérapie. Aurélie, créatrice de messages olfactifs, conçoit aussi des parfums apaisants pour accompagner les personnes atteintes de cancer et leur entourage et travaille avec les EHPADs. Rencontre parfumée peu ordinaire.

Racontez-nous votre aventure, votre passion pour les senteurs et les parfums. 

Cette passion remonte à l’enfance, comme beaucoup d’entre nous, liée aux odeurs. J’avais même hésité, lorsque j’étais étudiante, entre la voie de la parfumerie pour être nez ou la voie de la pharmacie. J’ai choisi la pharmacie, étant issue d’une famille de médicaux. J’ai peut-être été un peu influencée.

La pharmacie vous a sensibilisée aux senteurs qui, petit à petit, vous mènent aujourd’hui auprès des patients, c’est ça ? 

Oui et c’est tout un cheminement. Au départ ,il y a la biochimie naturelle. Et en pharmacie, la botanique est là pour nous apprendre le soin par les plantes, qu’il soit physique, psychique, émotionnel. De là, on apprend comment se soigner par le parfum.

Vous avez développé une connaissance des matières premières naturelles. Est-ce que vous pouvez nous les présenter ?

Je travaille essentiellement avec des huiles essentielles en aromathérapie : tout ce qui est zestes d’agrumes ; mais également des hydrolats, des eaux florales, des absolues, des concrètes. Toutes les matières extractibles de plantes, de fleurs, de racines, d’arbres, de feuilles. Toutes les matières biochimiques qu’on va pouvoir extraire naturellement en général.

Est-ce qu’il y en a une que vous affectionnez particulièrement ? 

En ce moment, je suis très connectée à l’essence de bergamote.

Pourquoi ? 

Cet agrume est un rayon de soleil. C’est ma lumière, elle est très solaire, élégante, équilibrée. Elle m’apporte beaucoup de satisfaction, et surtout une sensation d’être dans une lumière et on en a vraiment besoin en ce moment.

Une autre, pour l’optimisme par exemple ? 

Pour l’optimisme et l’impulsion (en tant que cavalière, c’est un terme qui me parle bien, d’avoir l’envie d’aller, d’avancer) : l’épinette noire de la famille des pins, des sapins. Elle a ce côté très oxygénant mais est assez florale, elle est assez douce, et a même parfois un côté rosé. Elle amène un aspect très tonique et m’apporte le punch pour avancer dans ma journée.

Comment les utilisez-vous ?

L’olfaction est l’usage le plus facile. Par exemple, avec la technique de respiration pyramidale.

La bergamote a un côté photo-sensibilisant. Pour le respirer, on la met sur un support, un mouchoir, une touche de papier ou un support en céramique. On l’approche du nez, sans la coller et on la respire de façon ample et dynamique.

Pour l’épinette noire, on peut mettre une goutte sur l’intérieur des poignets et monter ses mains en pyramide avec vos deux index l’un contre l’autre et les disposer au niveau de l’arête de votre nez. Cela amène une introspection très facile : fermez les yeux si besoin et ouvrez les coudes. Cela va favoriser l’oxygénation et la respiration ample. Tous ceux qui ont l’habitude de faire du yoga, des méditations, profitez-en…

Il y a en effet plusieurs façons de respirer. Le sens olfactif n’est pas uniforme. 

Bien sûr, et il faut vraiment s’écouter. On a un nez, il faut s’en servir. Dans des périodes denses comme celle que nous traversons en ce moment, on va plutôt favoriser une application un peu diluée avec de l’huile végétale au niveau du plexus solaire. Vous allez avoir aussi une juste distance olfactive de respiration tout en ayant une action physique directement sur l’organisme.

Il y a aussi la diffusion, avec un diffuseur, les sprays comme un parfum classique. Il y a plusieurs supports possibles en fonction de l’intention et de l’envie qu’on a de respirer ces huiles essentielles et de se faire du bien avec elles.

Vous avez développé certaines offres dans le cadre de votre entreprise qui s’appelle Éloquence des Sens. Quelles sont-elles ? 

Éloquence des Sens est une société qui travaille sur deux axes, en deux cheminements.

Un cheminement plutôt pédagogique, dans lequel on a des ateliers privatisés ou en petits groupes sur l’utilisation des huiles essentielles dans l’aromathérapie de soin, voire même pour des professionnels de santé. Comment les utiliser dans l’activité professionnelle sous forme de conférences, d’ateliers, de visios.

Et un cheminement de création de parfums.

Avec Éloquence des Sens, je crée des messages olfactifs : je souhaite transmettre cet univers sensoriel pour notre bien-être via la respiration, source de vie. Par ce souffle, je souhaite ramener de la vie, de la sérénité, de la tonicité, ce dont on a besoin en ce monde. C’est très personnalisable.

Qu’est-ce que proposez pour ré-apprivoiser notre odorat et restimuler notre nez ? 

Je propose à ces clients des ateliers de rééducation olfactive très personnalisés : on va puiser dans leur mémoire olfactive et dans leur « madeleine de Proust » des connexions aux odeurs. L’idée est de réassocier le souvenir cérébral avec l’odeur pour, petit à petit, faire en sorte que les associations, les connexions se fassent et que l’odorat revienne.

C’est très personnalisable et évolutif, on va aller dans différentes familles connues. Le but n’est pas de faire des tests, mais d’avancer et de reconnecter à l’odeur. On utilise les vanilles, les agrumes, les poivres, les roses…

Et puis on décrit un paysage autour de ça, pour que petit à petit la personne retrouve cette notion pluri-sensorielle, voire synesthésique de l’odeur.

Vous développez aussi des offres de formation à distance. Comment faites-vous sentir ce qui normalement demande d’être en présentiel ? C’est un sacré enjeu ! 

Le plus gros challenge de ces visios est justement de faire appel à nos propres ressentis, nos propres histoires olfactives, notre propre « madeleine de Proust ». On se reconnecte à une odeur, par rapport à un lieu de vacances, une activité culinaire avec une grand-mère, un atelier de menuiserie avec un grand-père… Cela parait difficile au démarrage, parce qu’on n’a pas l’habitude de se reconnecter à ça, mais très rapidement, le switch opère et on retrouve les sensations, on voit le paysage, la temporalité, la saisonnalité qui est intégrée à ce souvenir.

Ça fonctionne donc à distance ?

Oui. Il faut prendre le temps d’essayer de décrire l’odeur. C’est toute la complexité.

On parlait de la bergamote un peu plus tôt. Moi, je vais y mettre une couleur, un paysage….  Je suggère à mes clients de me décrire une odeur. De là, nos perceptions étant différentes d’une personne à l’autre, on arrive à reconnecter.

Par exemple, si on parle de la mandarine, on parvient à se brancher à cette odeur-là. Il y a des axes qui sont très limpides, et d’autres qui demandent de se repencher sur des connexions plus intimes, voire émotionnelles.

Vous stimulez vos clients pour décrire l’odeur. Cela demande d’aller chercher dans la mémoire, mais aussi dans des images et des mots qui vont aider à préciser l’idée. 

Exactement. Cela peut être en écrivant des mots, mais cela peut être éventuellement pour des personnes qui sont très visuelles, en dessinant une odeur. Dessiner un paysage où cette odeur est très présente. C’est vrai que là, c’est extrêmement passionnant de voir les cheminements qu’on ne pense pas être limpides. Par exemple, si je vous invite à Marrakech, vous allez me parler d’épices, de saveurs sucrées, de Néroli, et ça y est, on est parties !

En attendant de partir, vous intervenez aussi auprès des patients et des personnes âgées. C’est un autre public, une autre approche, très précieuse…

Là, il s’agit de voir comment optimiser le lieu de vie de ces personnes. Par exemple, dans les EHPADS, on cherche à favoriser cette connexion cérébrale pour stimuler leur cerveau limbique. On sait que le nerf olfactif est directement lié au cerveau limbique. Le cerveau limbique c’est la zone où on retrouve les émotions et les souvenirs. On va donc faire un aller-retour avec ces odeurs et sélectionner des huiles essentielles qui ont des propriétés thérapeutiques apaisantes, relaxantes, ressourçantes ou stimulantes, en fonction de l’heure de la journée, des repérages spatio-temporels. Pour optimiser un lieu de vie, sur des parties communes : en sortie d’étage, avant d’aller déjeuner, avant un atelier pour stimuler ces personnes-là.

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http://www.eloquencedessens.fr