Article de Presse Romans Mag' Avril 2017

Article paru dans le Romans Mag' d'Avril 2017 - N°317 - Rencontre

                Une pharmacienne qui a du nez

Travailleuse infatigable, Aurélie Chambeyron a choisi de donner un tournant à sa vie pour concrétiser ses rêves : devenir « nez », ou du moins s’en approcher par le biais de l’aromathérapie.

L’équitation, la danse, la nature, le besoin d’extérieur, de voyages... Des mots qui sortent de la bouche d’Aurélie Chambeyron comme un leitmotiv et qui ponctuent également son histoire pour, au final, lui donner un sens.

Enfant, elle est déjà très attirée par la nature, les plantes... mais aussi par les sciences médicales en général. Il est vrai qu’elle baigne dans une famille de médecins. Après avoir hésité à devenir vétérinaire, elle s’oriente rapidement vers la pharmacie car pluridisciplinaire et se spécialise dans l’industrie pharmaceutique.

En 6e année, elle est amenée à effectuer son stage de DESS de six mois en entreprise. Elle rêve de partir à l’étranger mais se retrouve en Normandie. Là-bas, elle collabore avec un grand groupe américain, Johnson & Johnson, une expérience très enrichissante. « Je travaillais énormément mais le soir, je montais à cheval dans les allées cavalières ». Son stage terminé, on lui propose un CDD chez Sanofi Synthélabo à Montpellier. « J’y suis restée un an et demi, en qualité de responsable d’un labo de recherche en microbiologie puis, je suis retournée chez Johnson & Johnson sur un poste en assurance qualité cosmétique. » Elle est alors responsable de la sous-traitance Europe.   « J’ai beaucoup voyagé, c’était un poste à grandes responsabilités. Et comme, je voulais des enfants, j’ai dû trouver un équilibre entre ma carrière et ma vie personnelle

Elle s’achète d’abord un cheval, Ascot, qui a aujourd’hui 29 ans. Puis sa fille Héloïse est née, suivie d’Adrien deux ans après. « Nous sommes revenus nous installer en Drôme en octobre 2005, région lumineuse et idéalement située. Mes enfants étaient en bas-âge, je me suis organisée pour faire des remplacements. J’ai notamment travaillé à la clinique de La Parisière où j’étais gérante de la pharmacie, un poste très central qui m’amenait à assister à des opérations chirurgicales, pour mieux comprendre les besoins et ensuite passer mes commandes. »

                                                « J’avais besoin d’un nouveau challenge »

Le centre de rééducation des Baumes fera rapidement appel à elle. Elle y exerce la même fonction avec, en plus, un suivi du patient. « J’avais la conviction que la prise en charge globale de ce dernier pouvait être améliorée avec l’aromathérapie. J’aurais voulu introduire les huiles essentielles mais elles ne sont pas considérées comme des médicaments... Au bout de six ans sur ce poste, j’ai pris une année sabbatique, j’avais besoin d’un nouveau challenge, de me recentrer sur ce que j’avais intimement envie de faire. » Avec son mari, chirurgien-dentiste, elle part alors en mission humanitaire à Madagascar, une île réputée pour ses huiles essentielles, où elle aide à monter des dispensaires. Un voyage clé qui va déclencher toute la suite. « À mon retour, je souhaitais travail- ler sur un poste novateur et je me suis formée à la faculté de Médecine de Besançon à l’aromathérapie scientifique et médicale. Reprendre mes études à 40 ans, j’ai adoré... »

Elle ressent alors un fort besoin d’indépendance et décide de créer sa propre entreprise. « J’ai pris mon ordinateur, mon téléphone, appelé tous les acteurs clés dans ces domaines... Au fil des rencontres, je dessinais mon projet. Je me suis formée en parfumerie fine à l’ISIPCA à Versailles car je projetais d’associer les propriétés des huiles essentielles aux parfums. »

C’est ainsi qu’est née à Romans, en novembre 2015, sa société, « Eloquence Des Sens » avec deux grands axes : des ateliers autour des huiles essentielles en petits groupes ou dans le cadre de Team Building* et un travail sur le « parfum à bénéfices » dans les salles d’attente. « Aujourd’hui, les projets sont nombreux dont certains que je n’aurais jamais imaginés : Par exemple, la création pour des particuliers d’une signature olfactive personnalisée, en harmonie avec le travail de leur architecte d’intérieur. » 

(*) : Concept né au début des années 80 pour resserrer les liens entre les membres d’une équipe.

www.eloquencedessens.com